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À son arrivée dans le bassin minier du Pas-de-Calais, Kasimir Zgorecki, polonais émigré, est d'abord mineur. Très vite, en 1924, il devient photographe-artisan.
Sa production la plus intéressante dure jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Par rapport aux lois du genre, elle présente plusieurs originalités. C'est d'abord un témoignage de l'intérieur, sur une importante communauté d'émigrés. La photographie que l'on garde ou que l'on envoie au pays est destinée à pointer les étapes de la réussite sociale.
Les façades de commerce ont cette fonction. Les photographies d'enfants post-mortem permettent de garder l'unique trace du disparu, mais aussi de faire connaître à la famille restée en Pologne. Les autoportraits dénotent sans doute un fantasme de l'émigration : endosser un statut social mais aussi l'extrême ironie de Kasimir Zgorecki à l'égard de l'existence et de la photographie. C'est sans doute aussi ces deux caractéristiques, qui rendent les autres portraits qu'il a produit, aussi attachant.
Texte : Pierre Devin, 1 vol. (non paginé {64 p.}) : 42 ill. en noir et blanc en bichromie, 23,5 x 25 cm, contient des éléments biographiques et bibliographiques, texte en français, éditeur : Douchy-les-Mines (Nord) : Centre Régional de la Photographie Nord – Pas-de-Calais, 1994, ISBN : 2-904538-38-0, (relié). Prix : 28 €.
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