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L'œuvre photographique de Bernard Plossu est riche de voyages ; ceux qu'il a accomplis, ceux qu'il propose au spectateur d'accomplir dans ses images.
Ici la fugacité des visions est propre à rendre perceptible la sensation du voyageur en transit qui voit le monde se dérouler comme un film. Les arrêts sur image nous interpellent par leur nostalgie prémonitoire tant sur ce que nous voyons que sur ce que nous allons vivre.
Dans un avenir proche, le voyage transmanche tel qu'il existe aujourd'hui, train et bateau avec transbordement, sera menacé. Les lignes empruntées actuellement, très anciennement intégrées au paysage, seront abandonnées au profit de lignes nouvelles à grande vitesse. Toute une figure de ce voyage tel qu'il existe depuis des siècles va donc disparaître. Le voyageur de la fin de ce siècle ne verra plus la mer, sa perception du paysage, de l'insularité et de l'architecture de lieux de transit (gares, ports) va être elle aussi bouleversée.
Dans cette situation de passage, géographique et temporel, le texte de Michel Butor et les images de Bernard Plossu dialoguent autour des points de rencontre que sont « la modification », les paysages intermédiaires et un « hyperbanalisme » sensible.
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Bernard Plossu (1945-, France), "Paris-Londres-Paris", Sans titre, 1988, 57,8 x 38,9 cm,
commande Mission Photographique Transmanche n°1, 1988.
Bernard Plossu (1945-, France), "Paris-Londres-Paris", Sans titre, 1988, 57,9 x 39 cm,
commande Mission Photographique Transmanche n°1, 1988.
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